Président de SAS : quel statut social et quel salaire ?

Président de SAS : quel statut social et quel salaire ?

Assimilé salarié, sans assurance chômage, libre de se rémunérer en salaire ou en dividendes : le statut du président de SAS mérite d'être bien compris.

Vous allez prendre la présidence d'une SAS ou d'une SASU, ou vous l'occupez déjà. Vous avez entendu dire que le président était « assimilé salarié », qu'il pouvait ne pas se verser de salaire, que les dividendes échappaient aux cotisations, mais que le chômage n'était pas couvert. Ces affirmations sont justes, mais elles demandent à être précisées pour faire les bons choix.

Le statut du président de SAS combine un mandat social, défini par les statuts, et un régime social proche de celui des salariés. Sa rémunération n'obéit ni au Code du travail ni à un barème : elle est fixée par les associés, ou par le président lui-même s'il est associé unique, selon les règles prévues par les statuts.

Ce guide vous explique le statut social du président, sa rémunération, les étapes pour la fixer, les coûts, les erreurs à éviter et les questions de cumul avec un contrat de travail. Voici comment ça se passe.

Qu'est-ce que le statut du président de SAS ?

Le président est le représentant légal obligatoire de la SAS. Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société, dans la limite de l'objet social et des pouvoirs réservés aux associés.

Ses caractéristiques principales :

- Il peut être une personne physique ou une personne morale, associée ou non

- Il est nommé et révoqué selon les règles fixées par les statuts

- S'il est une personne physique rémunérée, il relève du régime général de la sécurité sociale comme assimilé salarié

- Il bénéficie de la couverture maladie, maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité et décès

- Il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a donc pas droit au titre de son mandat

- Il n'est pas soumis au Code du travail pour son mandat : pas de contrat de travail, pas de congés payés ni de licenciement

Le président engage sa responsabilité civile et, le cas échéant, pénale pour les fautes commises dans sa gestion, comme tout dirigeant de société.

Lorsque le président est une société, comme une holding, c'est elle qui exerce le mandat, par l'intermédiaire de son représentant. Le statut social s'apprécie alors au niveau de la holding.

Pour situer ce statut parmi les autres formes juridiques, consultez notre guide sur le choix du statut juridique. Et pour comparer avec le gérant de SARL, lisez notre article sur le gérant de SARL majoritaire ou minoritaire.

Quelles sont les étapes pour fixer la rémunération du président ?

La rémunération du président se met en place en cinq étapes.

Étape 1 : Vérifier les statuts — Ils indiquent quel organe fixe la rémunération : collectivité des associés, comité de rémunération ou associé unique. À défaut de précision, la décision revient en principe aux associés.

Étape 2 : Évaluer la capacité de la société — Analysez le chiffre d'affaires prévisionnel, la marge et la trésorerie. Une rémunération trop élevée peut fragiliser la société.

Étape 3 : Choisir la composition — Rémunération fixe, part variable, avantages en nature, remboursement de frais. Chaque élément a ses règles sociales et fiscales.

Étape 4 : Formaliser la décision — Rédigez un procès-verbal ou une décision de l'associé unique fixant le montant et les modalités. Ce document justifie la charge en cas de contrôle.

Étape 5 : Déclarer et payer — La rémunération versée donne lieu à l'établissement de bulletins et à des déclarations sociales, comme pour un salarié. Elle est ensuite imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires.

Combien coûte la rémunération d'un président de SAS ?

Le coût global dépend du montant versé et de sa composition.

Sur la rémunération, le président assimilé salarié supporte des cotisations proches de celles d'un cadre salarié, sans la part assurance chômage. À rémunération nette égale, le coût total pour la société est sensiblement plus élevé que pour un gérant majoritaire de SARL relevant du régime des travailleurs non salariés.

Sur les dividendes, le président associé ne paie pas de cotisations sociales. En 2026, les dividendes supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème progressif. Ils sont prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés, imposé à 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions, puis à 25 %.

Le président peut aussi bénéficier de l'ACRE s'il contrôle effectivement la société et remplit les conditions : en 2026, elle exonère partiellement ses cotisations pendant douze mois, sur demande à l'Urssaf dans les 60 jours.

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Quelles erreurs éviter sur le statut du président ?

Les erreurs les plus fréquentes :

- Croire que le président est couvert par l'assurance chômage

- Ne se verser aucune rémunération pendant des années sans mesurer l'absence de droits à la retraite

- Fixer sa rémunération sans décision formalisée conforme aux statuts

- Tout miser sur les dividendes sans tenir compte de l'impôt sur les sociétés et du prélèvement forfaitaire

- Signer un contrat de travail fictif pour bénéficier du chômage, alors que les conditions de cumul ne sont pas réunies

- Oublier de souscrire une prévoyance ou une assurance perte d'emploi adaptée

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Le président peut-il cumuler son mandat avec un contrat de travail ?

Le cumul est possible, mais strictement encadré. Le contrat de travail doit correspondre à un emploi réel, distinct du mandat social :

- Des fonctions techniques différentes de la direction générale de la société

- Un lien de subordination effectif à l'égard de la société

- Une rémunération distincte de celle éventuellement versée pour le mandat

Ces conditions sont difficiles à réunir pour un président majoritaire, qui ne peut guère être subordonné à lui-même. Le cumul est plus envisageable lorsqu'un salarié de l'entreprise est nommé président, ou dans une société où le président est minoritaire et contrôlé par un autre organe. Le contrat de travail conclu entre la société et son président relève en outre de la procédure des conventions réglementées.

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Questions fréquentes

Le président de SAS a-t-il droit au chômage ?

Non, au titre de son mandat social. Le président assimilé salarié ne cotise pas à l'assurance chômage. Il peut toutefois percevoir des allocations s'il cumule régulièrement son mandat avec un contrat de travail réel, ou conserver des droits acquis lors d'un emploi antérieur selon les règles de France Travail.

Le président de SAS doit-il se verser un salaire ?

Non. Le mandat peut être exercé à titre gratuit si les statuts ou une décision des associés le prévoient. Aucune cotisation n'est alors due au titre du mandat, mais le président ne valide ni trimestres de retraite ni droits aux indemnités journalières.

Qui fixe la rémunération du président de SAS ?

Ce sont les statuts qui désignent l'organe compétent : le plus souvent la collectivité des associés, parfois un comité ad hoc. Dans une SASU, l'associé unique décide. La décision doit être formalisée par écrit pour justifier la charge et les cotisations auprès de l'administration.

Les dividendes du président sont-ils soumis aux cotisations ?

Non, dans une SAS, les dividendes perçus par le président associé ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, ou au barème progressif sur option. C'est une différence importante avec le gérant majoritaire de SARL.

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Dernière mise à jour : 7 octobre 2026